Catégorie : Fiches santé

Fiches santé pédiatriques

  • Boiterie de l’enfant

    Boiterie de l’enfant

    Boiterie de l’enfant

    Votre enfant, qui marchait parfaitement hier, se met soudain à boiter ce matin. Ou peut-être refuse-t-il de poser le pied par terre et pleure dès qu’il essaie de se lever. La boiterie chez l’enfant est un motif de consultation fréquent, et il suscite souvent une inquiétude légitime — d’autant que les causes possibles sont nombreuses et que l’enfant, surtout s’il est jeune, a du mal à expliquer ce qui lui fait mal et où. Nous souhaitons vous donner les repères essentiels pour savoir ce qu’il faut observer et quand consulter, car si la majorité des boiteries de l’enfant sont bénignes, certaines nécessitent une prise en charge rapide.

    Qu’est-ce que c’est ?

    La boiterie est une anomalie de la marche — l’enfant ne marche plus de façon symétrique. Elle peut se manifester par une marche inégale, un pas raccourci d’un côté, un refus d’appui, ou parfois un refus total de marcher chez le jeune enfant. La boiterie n’est pas un diagnostic en soi, mais un symptôme qui peut révéler des causes très variées.

    Les causes de boiterie chez l’enfant varient considérablement avec l’âge, et c’est un élément clé pour orienter le diagnostic. Chez le nourrisson et le jeune enfant (1 à 3 ans), il faut penser à une fracture en « bois vert » (souvent du tibia — la « fracture du tout-petit » survenant lors d’un faux pas banal), une arthrite septique (infection articulaire qui est une urgence), ou une ostéomyélite. Chez l’enfant de 3 à 8 ans, le rhume de hanche (synovite aiguë transitoire) est de loin la cause la plus fréquente — il faut cependant toujours éliminer une arthrite septique. L’ostéochondrite primitive de hanche (maladie de Legg-Perthes-Calvé) est aussi une cause à connaître à cet âge. Chez le préadolescent et l’adolescent, l’épiphysiolyse fémorale supérieure (glissement de la tête du fémur) est une urgence orthopédique, et les lésions ligamentaires liées au sport deviennent plus fréquentes.

    Le rhume de hanche mérite une mention particulière car c’est la cause de boiterie la plus fréquente chez l’enfant entre 3 et 8 ans. Il s’agit d’une inflammation réactionnelle de l’articulation de la hanche, survenant souvent dans les jours suivant une infection virale banale. C’est l’équivalent articulaire du « nez qui coule » : la hanche « s’enrhume » et produit un épanchement qui provoque la douleur et la boiterie.

    Quels sont les symptômes ?

    La boiterie peut être douloureuse (l’enfant se plaint d’une douleur au niveau du membre inférieur) ou parfois indolore (l’enfant boite sans se plaindre — ce qui oriente vers une cause mécanique ou neurologique). Chez le jeune enfant, la douleur n’est pas toujours facile à localiser : un enfant qui a mal à la hanche se plaindra souvent du genou — c’est une douleur projetée classique qui piège régulièrement parents et médecins. Devant toute douleur du genou chez l’enfant, il faut toujours examiner la hanche.

    Observez votre enfant : quand a commencé la boiterie ? (brutal ou progressif), y a-t-il eu un traumatisme ? (chute, choc), y a-t-il de la fièvre ? (un point crucial), la douleur est-elle permanente ou uniquement à la marche ?, votre enfant peut-il porter du poids sur le membre ?, y a-t-il eu un épisode infectieux récent ? (rhinopharyngite, gastro-entérite). Ces informations seront précieuses pour votre pédiatre.

    Quand consulter ?

    Toute boiterie chez l’enfant mérite une attention particulière. Consultez en urgence dans les situations suivantes :

    • Boiterie avant 4 ans ou sans mécanisme clair — l’association d’une boiterie et de fièvre impose d’exclure une arthrite septique (infection articulaire) ou une ostéomyélite, qui sont des urgences nécessitant un traitement immédiat.
    • Refus total de marcher ou de porter du poids sur un membre, surtout chez le jeune enfant — cela témoigne d’une douleur significative qui nécessite une évaluation rapide.
    • Articulation gonflée, chaude et rouge — ces signes évoquent une arthrite et nécessitent un bilan urgent.
    • Altération de l’état général (enfant pâle, fatigué, amaigri) ou douleurs nocturnes qui réveillent l’enfant — ces signes, rares mais importants, peuvent orienter vers une cause plus sérieuse.

    Consultez votre pédiatre dans les jours qui suivent si :

    • La boiterie persiste au-delà de quelques jours sans explication claire.
    • La boiterie est d’apparition progressive et s’aggrave.
    • Un adolescent se plaint de douleurs à la hanche ou au genou avec boiterie — l’épiphysiolyse doit être recherchée.

    Comment est-ce évalué et traité ?

    L’évaluation repose sur l’examen clinique minutieux (examen de la marche, mobilisation de toutes les articulations du membre inférieur, recherche de douleur à la pression), complété selon l’orientation par une radiographie, une échographie articulaire (très utile pour détecter un épanchement de hanche) et des analyses sanguines (recherche de signes d’infection ou d’inflammation).

    Le traitement dépend évidemment de la cause. Le rhume de hanche, cas le plus fréquent, se traite par le repos (éviction de l’appui et des activités physiques) et des antalgiques simples. La guérison survient en 5 à 10 jours. Votre pédiatre vous proposera un contrôle clinique et échographique pour vérifier la disparition de l’épanchement. L’arthrite septique, si elle est suspectée, nécessite une hospitalisation urgente avec ponction articulaire et traitement adapté — c’est une urgence car un retard de traitement peut endommager l’articulation. Les causes orthopédiques (épiphysiolyse, ostéochondrite) relèvent d’une prise en charge spécialisée.

    Le saviez-vous ?

    Le « rhume de hanche » — qui n’est évidemment pas un rhume au sens propre — est un terme si parlant qu’il est passé dans le langage médical courant des deux côtés de l’Atlantique. Il illustre bien le principe de la réactivité articulaire post-infectieuse : après une banale infection virale, le système immunitaire, encore en état d’alerte, provoque une inflammation « collatérale » de la synoviale de la hanche. C’est exactement le même phénomène que l’urticaire post-virale — le corps se défend un peu trop vigoureusement. Et voici le chiffre qui doit rassurer les parents : dans plus de 95 % des cas, le rhume de hanche guérit complètement en une à deux semaines sans aucune séquelle. L’articulation retrouve une mobilité parfaite, et l’enfant reprend ses activités comme si de rien n’était. Seul impératif : s’assurer par un contrôle que ce n’était bien qu’un rhume de hanche — et non pas une arthrite septique déguisée en boiterie banale.

    Sources

    Société française de chirurgie orthopédique (SOFCOT) ; Haute Autorité de Santé (HAS) ; Société française de pédiatrie (SFP) ; Bright Futures Guidelines (AAP, 4e édition).

  • Harcèlement scolaire

    Harcèlement scolaire

    Harcèlement scolaire

    Votre enfant a changé. Il qui était joyeux est devenu renfermé. Il ne veut plus aller à l’école, il a des maux de ventre le matin, il dort mal. Quand vous lui demandez ce qui ne va pas, il dit « rien ». Ou peut-être avez-vous trouvé des messages blessants sur son téléphone, ou remarqué des affaires abîmées, des vêtements déchirés. Le harcèlement scolaire est une violence répétée qui touche un nombre considérable d’enfants — et ses conséquences sur la santé mentale peuvent être dévastatrices. Nous abordons ce sujet avec la gravité qu’il mérite, parce que trop d’enfants souffrent en silence et parce que les adultes — parents, enseignants, soignants — ont un rôle déterminant à jouer.

    Qu’est-ce que c’est ?

    Le harcèlement scolaire se définit par une violence répétée, verbale, physique ou psychologique, exercée par un ou plusieurs élèves à l’encontre d’un autre élève qui ne peut pas se défendre. Trois critères le distinguent d’un simple conflit entre enfants : la répétition (les agressions se reproduisent régulièrement), l’intentionnalité (le but est de nuire), et le déséquilibre de pouvoir (la victime est en position de faiblesse — par le nombre, la force physique, la popularité).

    Le harcèlement peut prendre plusieurs formes : physique (coups, bousculades, racket, dégradation d’affaires), verbal (insultes, moqueries, surnoms humiliants), social (mise à l’écart, rumeurs, exclusion du groupe), et cyberharcèlement (messages haineux, photos humiliantes diffusées, insultes sur les réseaux sociaux). Le cyberharcèlement est particulièrement insidieux car il ne s’arrête pas à la sortie de l’école — il suit l’enfant jusque dans sa chambre, 24 heures sur 24.

    Les chiffres sont alarmants : en France, on estime qu’environ 700 000 à 1 million d’élèves sont victimes de harcèlement chaque année, soit environ un enfant sur dix. Tous les milieux sociaux et tous les types d’établissements sont concernés. Les victimes sont souvent des enfants perçus comme « différents » — par leur apparence, leur comportement, leur orientation, leur handicap, ou simplement leur sensibilité — mais tout enfant peut en être victime.

    Quels sont les signes ?

    Le harcèlement scolaire est souvent invisible pour les adultes — les enfants qui en sont victimes ont honte et se taisent, et les harceleurs agissent hors du regard des adultes. Voici les signes qui doivent vous alerter.

    Des changements de comportement : votre enfant devient renfermé, irritable, agressif ou au contraire excessivement soumis. Il ne veut plus aller à l’école et invente des prétextes pour rester à la maison. Il a des troubles du sommeil (cauchemars, difficultés d’endormissement), des troubles de l’appétit, des maux de ventre ou de tête récurrents. Ses résultats scolaires chutent. Il se replie sur lui-même et s’isole de ses amis.

    Des signes matériels : affaires scolaires abîmées ou manquantes, vêtements déchirés, disparition d’argent de poche ou d’objets personnels. L’enfant rentre de l’école avec des blessures inexpliquées et des explications vagues.

    Des signaux émotionnels graves : votre enfant exprime un désespoir, une perte d’estime de soi (« je suis nul », « personne ne m’aime »), des idées sombres. Chez l’adolescent, le harcèlement est un facteur de risque majeur de dépression, de tentatives de suicide et de conduites automutilatoires.

    Quand consulter ?

    • Vous suspectez que votre enfant est harcelé — même si vous n’en avez pas la certitude, parlez-en à votre pédiatre qui pourra évaluer le retentissement et vous orienter.
    • Votre enfant présente des symptômes anxieux ou dépressifs dans un contexte de difficultés scolaires ou sociales.
    • Votre enfant refuse d’aller à l’école de manière répétée — le harcèlement est une cause fréquente de refus scolaire.
    • Consultez en urgence si votre enfant exprime des idées suicidaires, se fait du mal, ou si vous êtes inquiet pour sa sécurité.

    Comment agir ?

    Si votre enfant est victime de harcèlement, votre réaction est déterminante. Écoutez-le sans minimiser — « c’est pas grave, ignore-les » est la pire réponse possible, car elle renforce le sentiment d’impuissance. Croyez-le — un enfant qui se plaint de harcèlement dit le plus souvent la vérité. Rassurez-le : ce n’est pas de sa faute, et il a bien fait d’en parler.

    Alertez l’établissement scolaire — le directeur, le professeur principal, le CPE. La loi française reconnaît le harcèlement scolaire comme un délit depuis 2022 et impose aux établissements de mettre en place des dispositifs de prévention et de traitement. Demandez un rendez-vous et formalisez vos signalements par écrit.

    Le numéro national 119 (Enfant ou adolescent en danger) et le 3018 (numéro unique contre le harcèlement) sont des lignes d’écoute gratuites et confidentielles qui peuvent vous aider et vous orienter.

    Sur le plan médical, votre pédiatre évaluera le retentissement du harcèlement sur la santé de votre enfant et l’orientera si nécessaire vers un psychologue ou un pédopsychiatre. Un accompagnement psychothérapeutique aide l’enfant à restaurer son estime de soi, à développer des stratégies d’affirmation, et à surmonter le traumatisme.

    Le saviez-vous ?

    Le harcèlement scolaire n’est pas un phénomène nouveau — mais sa reconnaissance comme problème de santé publique est récente. Pendant longtemps, les violences entre enfants étaient considérées comme un passage obligé de la socialisation, un moyen de « s’endurcir ». Les recherches des dernières décennies ont démontré l’inverse : le harcèlement ne forge pas le caractère, il le détruit. Les études longitudinales montrent que les victimes de harcèlement scolaire ont, à l’âge adulte, un risque multiplié par 2 à 4 de développer une dépression, un trouble anxieux ou un syndrome de stress post-traumatique — des cicatrices psychologiques qui persistent des décennies après les faits. Mais voici la donnée qui doit nous pousser à agir : les programmes de prévention du harcèlement mis en place dans les écoles (formation des élèves, des enseignants et des parents, protocoles de détection et d’intervention) permettent de réduire le harcèlement de 20 à 50 %. Le harcèlement n’est pas une fatalité — c’est un problème que nous pouvons et devons combattre, ensemble.

    Sources

    Ministère de l’Éducation nationale ; Haute Autorité de Santé (HAS) ; Société française de pédiatrie (SFP) ; Bright Futures Guidelines (AAP, 4e édition).

  • Pied-main-bouche

    Pied-main-bouche

    Pied-main-bouche

    Votre enfant refuse de manger depuis ce matin, il bave beaucoup, il est grognon — et en lui ouvrant la bouche, vous apercevez de petites vésicules douloureuses sur la langue et les gencives. Puis vous remarquez de minuscules boutons sur ses mains et ses pieds. Ce tableau très caractéristique porte un nom tout aussi évocateur : le syndrome pied-main-bouche. Nous comprenons que ces lésions buccales, qui empêchent votre enfant de manger et de boire, soient une source d’inquiétude. Rassurez-vous : c’est une infection virale bénigne, extrêmement fréquente, qui guérit spontanément en quelques jours. L’enjeu principal est de maintenir une bonne hydratation en attendant.

    Qu’est-ce que c’est ?

    Le syndrome pied-main-bouche est une infection virale causée le plus souvent par le Coxsackie, un virus de la famille des entérovirus. D’autres entérovirus peuvent être responsables.

    Cette infection touche principalement les enfants de moins de 5 ans, avec un pic entre 6 mois et 3 ans. Elle survient volontiers en été et en automne, sous forme de petites épidémies dans les crèches et les collectivités d’enfants. La transmission se fait par contact direct avec les sécrétions nasopharyngées (gouttelettes), la salive, le liquide des vésicules, et surtout les selles — le virus est excrété dans les selles pendant plusieurs semaines après la guérison, ce qui explique la facilité de la transmission en collectivité où les changes de couches se succèdent. L’incubation est courte, de 3 à 6 jours.

    Un point rassurant : après l’infection, votre enfant développe une immunité contre le sérotype viral en cause. Cependant, comme plusieurs sérotypes d’entérovirus peuvent provoquer un syndrome pied-main-bouche, il est possible — et tout à fait normal — de faire la maladie plusieurs fois au cours de la petite enfance, chaque épisode étant causé par un virus légèrement différent.

    Quels sont les symptômes ?

    La maladie débute souvent par un ou deux jours de fièvre modérée (38-39 °C), de fatigue et parfois de perte d’appétit. Puis l’éruption caractéristique apparaît, en trois localisations qui donnent son nom à la maladie.

    Dans la bouche, d’abord : de petites vésicules (cloques minuscules) apparaissent sur la langue, les gencives, l’intérieur des joues et le palais. Elles se rompent rapidement pour laisser place à de petites ulcérations (aphtes) douloureuses, entourées d’un halo rouge. C’est la composante la plus gênante de la maladie : ces ulcérations buccales sont douloureuses et rendent l’alimentation difficile. Votre enfant peut refuser de manger, baver abondamment, et pleurer à chaque tentative de boire.

    Sur les mains et les pieds, ensuite : de petites vésicules ovales apparaissent, souvent sur les paumes, les doigts, les plantes des pieds et les orteils. Ces vésicules sont typiquement grisâtres, entourées d’un fin liseré rouge, peu douloureuses, et ne démangent généralement pas. Elles peuvent aussi s’étendre aux fesses et aux genoux, ce qui est fréquent chez le nourrisson.

    L’ensemble de l’éruption dure environ 7 à 10 jours et disparaît sans laisser de cicatrice. Un phénomène peut surprendre les parents quelques semaines après la guérison : les ongles des mains ou des pieds peuvent se décoller partiellement (onychomadèse). C’est impressionnant mais totalement bénin — l’ongle repousse normalement.

    Quand consulter ?

    Le syndrome pied-main-bouche guérit spontanément et ne nécessite habituellement pas de consultation urgente. Toutefois, nous vous recommandons de consulter votre pédiatre dans les situations suivantes :

    • Votre enfant refuse de boire depuis plus de 24 heures ou présente des signes de déshydratation (bouche très sèche, absence de larmes, couches peu mouillées, enfant apathique) — c’est le risque principal de cette maladie.
    • La fièvre est élevée (au-delà de 39,5 °C) ou persiste plus de 3 jours — cela justifie une réévaluation.
    • Les lésions buccales sont très étendues ou saignent, rendant toute alimentation impossible.
    • Votre enfant est très abattu, somnolent, ou présente des vomissements répétés — ces signes, rares, nécessitent une évaluation rapide.
    • Votre enfant a moins de 6 mois — les nourrissons très jeunes méritent une surveillance plus attentive.
    • Vous n’êtes pas certain du diagnostic — d’autres affections (herpès buccal, varicelle, herpangine) peuvent ressembler au pied-main-bouche, et votre pédiatre pourra les distinguer.

    Comment est-ce traité ?

    Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre les entérovirus. Le syndrome pied-main-bouche guérit spontanément en 7 à 10 jours, et le traitement est purement symptomatique.

    La priorité absolue est de maintenir l’hydratation. Proposez à votre enfant des boissons fraîches ou à température ambiante, en petites quantités fréquentes : eau, lait, compote liquide. Évitez les aliments acides (agrumes, tomates, jus de fruits acides) et les aliments épicés ou salés, qui aggravent la douleur des ulcérations buccales. Privilégiez les aliments froids et mous : yaourts, compotes, purées tièdes, glaces — le froid a un effet antalgique naturel sur les lésions buccales.

    En cas de douleur importante ou de fièvre, du Doliprane (paracétamol) peut être administré aux doses adaptées au poids de votre enfant, selon les recommandations de votre pédiatre. En cas de refus complet de boire malgré ces mesures, consultez rapidement — une solution de réhydratation orale (SRO) pourra être proposée, et une surveillance de l’hydratation sera mise en place.

    Un point important pour la collectivité : il n’existe pas d’éviction obligatoire pour le syndrome pied-main-bouche. Cependant, votre enfant sera plus confortable à la maison tant qu’il a de la fièvre et des douleurs buccales importantes.

    Prévention

    La prévention repose essentiellement sur les mesures d’hygiène des mains — c’est la mesure la plus efficace pour limiter la transmission en collectivité. Lavez-vous soigneusement les mains après chaque change de couche et avant de préparer les repas. Apprenez à votre enfant à se laver les mains régulièrement.

    Nettoyez et désinfectez les surfaces, les jouets et les objets partagés, en particulier en période d’épidémie. Évitez le partage des couverts, des verres et des biberons. Ces mesures sont particulièrement importantes en crèche, où le personnel applique déjà des protocoles stricts de nettoyage et de change.

    Il n’existe pas de vaccin contre les entérovirus responsables du pied-main-bouche en France. Acceptez que cette infection fait partie des passages quasi obligés de la petite enfance en collectivité — l’important est de savoir la reconnaître et de surveiller l’hydratation.

    Sources

    Société française de pédiatrie (SFP) ; Haute Autorité de Santé (HAS) ; Haut Conseil de la santé publique (HCSP) ; Bright Futures Guidelines (AAP, 4e édition).

    Le saviez-vous ?
    Le syndrome pied-main-bouche n’a absolument aucun lien avec la fièvre aphteuse des bovins et des ovins, malgré la confusion fréquente que leur nom entretient. La fièvre aphteuse (en anglais foot-and-mouth disease) est causée par un tout autre virus, qui n’infecte pas l’être humain. Cette confusion est si courante que les pédiatres doivent régulièrement rassurer les parents sur ce point. Et voici un fait qui illustre bien à quel point cette infection est banale : on estime que dans les pays tempérés, la quasi-totalité des enfants fréquentant une collectivité rencontrera au moins un entérovirus responsable du pied-main-bouche avant l’âge de 5 ans — et la plupart d’entre eux ne s’en souviendront même pas.

  • Pieds plats et pieds creux

    Pieds plats et pieds creux

    Pieds plats et pieds creux : Comprendre la forme des pieds de votre enfant

    Vous observez les pieds de votre enfant et quelque chose vous interpelle : la voûte plantaire semble inexistante — le pied est complètement à plat quand il se tient debout. Ou au contraire, l’arche du pied vous paraît exagérément creusée. Vous consultez alors les forums, où les avis sont aussi contradictoires qu’inquiétants : faut-il des semelles ? De la kinésithérapie ? Une opération ? Nous allons clarifier les choses, car la grande majorité des pieds plats chez l’enfant sont parfaitement normaux et n’appellent aucun traitement.

    Qu’est-ce que c’est ?

    Le pied plat se caractérise par un affaissement de l’arche interne du pied : quand l’enfant est debout, la plante du pied est en contact quasi complet avec le sol. Le pied creux, à l’inverse, se caractérise par une exagération de la voûte plantaire, avec une zone d’appui réduite au talon et à l’avant-pied.

    Un point essentiel à comprendre : tous les enfants naissent avec les pieds plats. C’est normal. La voûte plantaire n’existe pas à la naissance — elle se forme progressivement entre l’âge de 3 et 8 ans, sous l’effet de la maturation des structures ligamentaires, musculaires et osseuses du pied, et de l’activité motrice (la marche pieds nus, en particulier, stimule la formation de la voûte). Avant 6 ans, un pied plat est donc la norme et ne nécessite aucune investigation.

    Le pied plat physiologique (ou « souple ») est de loin la situation la plus fréquente. L’arche interne est affaissée en charge (debout), mais se reconstitue sur la pointe des pieds ou lorsqu’on fait une dorsiflexion passive du gros orteil — preuve que les structures sont normales, simplement encore laxes. Ce pied plat souple est présent chez environ 20 à 30 % des adultes et est dans la grande majorité des cas parfaitement asymptomatique et fonctionnel.

    Le pied plat pathologique (ou « rigide ») est beaucoup plus rare. L’arche ne se reconstitue pas sur la pointe des pieds, le pied est raide, et il peut être douloureux. Il peut être lié à une coalition tarsienne (fusion anormale de deux os du pied), à une maladie neuromusculaire, ou à d’autres anomalies qui nécessitent une évaluation spécialisée.

    Le pied creux chez l’enfant est moins fréquent que le pied plat. Un pied légèrement creux est souvent une variante constitutionnelle sans conséquence. En revanche, un pied creux marqué, surtout s’il est évolutif ou unilatéral, doit faire rechercher une cause neurologique sous-jacente.

    Quels sont les symptômes ?

    Le pied plat physiologique est asymptomatique — c’est même sa caractéristique principale. L’enfant marche normalement, court, saute, fait du sport sans aucune gêne. L’inquiétude vient le plus souvent des parents ou de l’entourage qui observe la morphologie du pied, pas de l’enfant lui-même.

    En cas de pied plat symptomatique, l’enfant peut se plaindre de douleurs à la face interne du pied ou de la cheville, de fatigue rapide à la marche, ou d’une usure asymétrique de ses chaussures (bord interne plus usé). Ces symptômes sont rares dans le pied plat souple et doivent faire évoquer un pied plat pathologique.

    Le pied creux symptomatique peut provoquer des douleurs sous l’avant-pied (métatarsalgies), des cors et callosités aux points de pression, des entorses de cheville fréquentes (l’instabilité latérale est augmentée), et une difficulté à trouver des chaussures confortables.

    Quand consulter ?

    Nous vous recommandons de consulter votre pédiatre dans les situations suivantes :

    • Votre enfant a un pied plat qui est douloureux ou qui limite ses activités — un pied plat asymptomatique, même très prononcé, ne nécessite pas de consultation spécialisée.
    • Le pied plat est rigide — la voûte ne se reconstitue pas quand l’enfant se met sur la pointe des pieds — cela oriente vers un pied plat pathologique.
    • Le pied plat est unilatéral (un seul pied est plat, l’autre non) ou d’apparition récente chez un enfant qui avait des pieds normaux.
    • Votre enfant a un pied creux marqué, surtout s’il est progressif, unilatéral, ou associé à une faiblesse musculaire des jambes — un bilan neurologique peut être nécessaire.
    • Votre enfant a plus de 8 ans et un pied plat très prononcé avec des symptômes — à cet âge, la voûte plantaire devrait être formée.

    Comment est-ce traité ?

    Pour le pied plat souple asymptomatique — qui représente l’immense majorité des cas —, la réponse est simple : aucun traitement n’est nécessaire. Ni semelles, ni chaussures orthopédiques, ni kinésithérapie. Les études scientifiques l’ont montré de manière répétée : les semelles correctrices ne modifient pas l’évolution naturelle du pied plat souple de l’enfant. La voûte se formera (ou non) selon la prédisposition de votre enfant, indépendamment du port de semelles.

    La meilleure chose que vous puissiez faire pour les pieds de votre enfant est de le laisser marcher pieds nus le plus souvent possible à la maison. La marche pieds nus stimule la musculature intrinsèque du pied et favorise le développement de la voûte plantaire bien mieux que n’importe quelle semelle.

    Pour le pied plat symptomatique (douloureux ou gênant), des semelles orthopédiques de confort peuvent être prescrites pour soulager les symptômes. Pour le pied plat rigide ou pathologique, la prise en charge dépend de la cause et relève du spécialiste.

    Pour le pied creux symptomatique, des semelles orthopédiques visant à répartir les appuis peuvent apporter un soulagement. Si une cause neurologique est identifiée, la prise en charge de la pathologie sous-jacente est prioritaire.

    Le saviez-vous ?

    Pendant des décennies, des millions d’enfants ont porté des « chaussures orthopédiques » montantes et rigides, des semelles correctrices, et des chaussures à contrefort renforcé dans l’espoir de « corriger » leurs pieds plats. C’était une véritable industrie. Or, toutes les études rigoureuses menées depuis les années 1990 ont abouti à la même conclusion : ces dispositifs ne modifient en rien le développement naturel de la voûte plantaire. Les enfants qui ont porté des semelles et ceux qui n’en ont jamais porté arrivent à l’âge adulte avec exactement le même type de pied. Paradoxalement, la recommandation la plus efficace est aussi la plus simple et la moins coûteuse : laisser les enfants marcher pieds nus. Les populations qui marchent traditionnellement sans chaussures ont en moyenne une voûte plantaire plus développée et moins de problèmes podologiques que les populations chaussées. Comme quoi, la nature fait parfois mieux les choses quand on la laisse tranquille.

    Sources

    Société française de chirurgie orthopédique (SOFCOT) ; Haute Autorité de Santé (HAS) ; Société française de pédiatrie (SFP) ; Bright Futures Guidelines (AAP, 4e édition).

  • Risque suicidaire adolescent

    Risque suicidaire adolescent

    Risque suicidaire chez l’adolescent

    C’est un sujet que personne n’a envie d’aborder — et pourtant, ne pas en parler ne protège personne, bien au contraire. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans en France, après les accidents de la route. Chaque année, des centaines d’adolescents mettent fin à leurs jours, et des milliers font une tentative de suicide. Derrière ces chiffres, il y a des familles dévastées, des proches qui n’ont rien vu venir — ou qui avaient vu, sans savoir quoi faire. Nous écrivons cet article pour vous donner les clés : savoir repérer les signes, oser poser la question, et connaître les ressources disponibles. Parler du suicide ne le provoque pas — au contraire, cela peut sauver des vies.

    Qu’est-ce que c’est ?

    Le comportement suicidaire chez l’adolescent n’est pas un acte impulsif isolé — c’est le plus souvent l’aboutissement d’une souffrance psychique qui s’est accumulée et qui est devenue insupportable. L’adolescent suicidaire ne veut pas mourir — il veut arrêter de souffrir. Cette distinction est fondamentale, car elle ouvre la voie à l’aide : si la souffrance peut être soulagée, l’envie de mourir peut s’éteindre.

    Les facteurs de risque sont multiples et souvent intriqués. Les troubles psychiatriques — dépression en tête, mais aussi troubles anxieux, troubles des conduites alimentaires, addictions — sont présents dans environ 90 % des suicides d’adolescents. Le harcèlement scolaire, les conflits familiaux majeurs, les ruptures sentimentales, les violences (physiques, sexuelles, psychologiques), le questionnement sur l’identité de genre ou l’orientation sexuelle dans un environnement non soutenant, et l’isolement social sont des facteurs précipitants fréquents. Un antécédent de tentative de suicide est le facteur de risque le plus puissant de récidive.

    La crise suicidaire est un état psychique particulier dans lequel l’adolescent est envahi par des idées de mort, ressent un désespoir intense, et perçoit le suicide comme la seule issue possible. Cette crise est temporaire et réversible — c’est un moment de vulnérabilité extrême pendant lequel l’intervention d’un tiers peut tout changer.

    Quels sont les signes d’alerte ?

    Les adolescents en souffrance envoient presque toujours des signaux avant un passage à l’acte — mais ces signaux sont parfois subtils ou mal interprétés. Soyez attentifs aux changements suivants.

    Des changements de comportement : retrait social brutal, abandon d’activités qu’il aimait, désinvestissement scolaire, conduites à risque nouvelles (alcool, drogues, vitesse), dons d’objets personnels auxquels il tenait, mise en ordre de ses affaires (comme s’il « préparait » quelque chose).

    Des expressions verbales : « je suis un fardeau pour tout le monde », « ça n’a aucun sens », « vous seriez mieux sans moi », « je voudrais disparaître », « bientôt vous n’aurez plus à vous inquiéter ». Ces phrases ne sont jamais anodines et ne doivent jamais être ignorées ou minimisées, même si elles sont dites « sur le ton de la plaisanterie ».

    Des signes émotionnels : tristesse profonde et persistante, désespoir, sentiment d’être piégé dans une situation sans issue, irritabilité extrême, alternance entre agitation et calme inquiétant (un adolescent désespéré qui semble soudainement apaisé peut avoir pris sa décision — c’est un signal d’alarme majeur).

    Quand et comment agir ?

    • Si votre adolescent exprime des idées suicidaires ou si vous suspectez qu’il y pense — posez-lui la question directement, avec douceur mais sans détour : « Est-ce que tu penses à te faire du mal ? Est-ce que tu as des idées de suicide ? » Contrairement à une croyance tenace, poser la question ne « donne pas l’idée » — elle ouvre une porte et montre que vous êtes prêt à entendre sa souffrance.
    • Consultez en urgence (pédiatre, urgences pédiatriques, pédopsychiatre) si votre adolescent a un plan suicidaire, a accès à des moyens létaux, ou si vous sentez que le passage à l’acte est imminent.
    • Appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, disponible 24 heures sur 24) — des professionnels formés peuvent vous aider à évaluer la situation et vous orienter.
    • Ne laissez pas votre adolescent seul s’il est en crise — restez présent, écoutez sans juger, et sécurisez l’environnement (retirez les médicaments accessibles, les objets dangereux).

    Comment est-ce pris en charge ?

    La prise en charge d’un adolescent en crise suicidaire est une urgence médicale. Elle commence par une évaluation du risque par un professionnel formé (pédiatre, pédopsychiatre, psychologue) qui appréciera le degré d’urgence, l’existence d’un plan, l’accès aux moyens, et les facteurs de protection (soutien familial, lien social, projet de vie).

    Selon la gravité, la prise en charge pourra associer un suivi ambulatoire rapproché (consultations fréquentes, psychothérapie, soutien familial) ou, si le risque est élevé, une hospitalisation en service de pédopsychiatrie pour mise en sécurité et évaluation approfondie. L’hospitalisation n’est pas un enfermement — c’est un espace protégé où l’adolescent peut être entendu, soigné et accompagné pendant la phase la plus critique.

    Le traitement au long terme vise à soigner la cause de la souffrance : psychothérapie (TCC, thérapie interpersonnelle), traitement d’un trouble dépressif ou anxieux sous-jacent, travail sur les facteurs de vulnérabilité. L’implication de la famille est essentielle — les parents ont besoin d’être soutenus eux aussi, car accompagner un adolescent suicidaire est une épreuve considérable.

    Le saviez-vous ?

    L’une des croyances les plus dangereuses autour du suicide est que « ceux qui en parlent ne le font pas ». C’est faux : la majorité des personnes décédées par suicide avaient exprimé leur intention d’une manière ou d’une autre dans les semaines précédentes. Chaque verbalisation est un appel à l’aide qui mérite une réponse. Une autre croyance néfaste est que parler du suicide avec un adolescent « risque de lui donner l’idée ». Les études sont formelles : aborder le sujet de manière respectueuse et empathique ne crée pas de risque supplémentaire — au contraire, cela réduit l’anxiété de l’adolescent en normalisant le fait de demander de l’aide. Le silence, lui, tue. Si vous avez le moindre doute, si votre instinct parental vous dit que quelque chose ne va pas — n’hésitez pas une seconde. Appelez le 3114, consultez votre pédiatre, emmenez votre adolescent aux urgences. Il vaut infiniment mieux avoir posé la question pour rien que de ne pas l’avoir posée à temps.

    Sources

    Haute Autorité de Santé (HAS) ; Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (SFPEADA) ; Observatoire national du suicide ; Bright Futures Guidelines (AAP, 4e édition).

  • Bronchiolite

    Bronchiolite

    Bronchiolite

    La bronchiolite est une infection virale des petites voies respiratoires du nourrisson, causée par plusieurs virus dont le virus respiratoire syncytial (VRS). Elle touche environ 1 nourrisson sur 3 et peut s’observer toute au long de l’année.

    Qu’est-ce que c’est ?

    Cette infection virale entraîne une diminution du calibre des bronchioles (de petites tubes respiratoires). Le flux d’air étant plus difficile, cette infection peut entraîner une gêne respiratoire.

    Plusieurs virus, circulants à différents moments de l’année, en sont responsables : il y a le VRS, mais aussi le rhinovirus, le métapneumovirus, les virus parainfluenza, etc.

    Quels sont les symptômes ?

    Pour plus de simplicité, il peut être intéressant de se dire qu’une bronchiolite est une crise d’asthme induite par une infection virale. Les symptômes vont crescendo : de la toux, à la toux en quinte, au sifflement audible à l’oreille, puis à la gêne respiratoire.

    Quand consulter ?

    Consultez immédiatement si :

    • votre nourrisson a moins de 3 mois ou que vous êtes inquiets
    • s’il est gêné pour respirer :
      • respiration très rapide ;
      • tirage intercostal ou sus-sternal (creux à l’inspiration) ;
      • gêne respiratoire intense ;
      • difficulté à boire ou manger ;
      • lèvres bleues (cyanose)
      • apnée (arrêt du souffle).

    Consultez rapidement si, malgré une première consultation pédiatrique rassurante, les symptômes s’aggravent.

    Comment est-ce traité ?

    Pas de traitement spécifique car il n’existe pas de médicament qui guérit le VRS.

    En fonction de la situation clinique, de son âge, de son état, plusieurs dispositifs peuvent être utilisés pour améliorer la gêne respiratoire.

    Parfois, une hospitalisation peut être nécessaire.

    Prévention

    Nous recommandons une hygiène des mains stricte, surtout en hiver.

    Évitez l’exposition au tabac.

    Depuis 2024, le nirsevimab (Beyfortus®) est proposé à tous les nourrissons pour prévenir les formes graves. Alternative : vaccination maternelle par l’Abrysvo® entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée. Ces deux stratégies réduisent de 80% les hospitalisations.

    Le saviez-vous ?
    Le VRS a été découvert en 1955. Initialement décrit comme l’agent pathogène d’une maladie respiratoire appelée coryza, chez le chimpanzé, ce virus sera également retrouvé chez deux enfants hospitalisés pour infection respiratoire. Son nom définitif, Virus Respiratoire Syncitial, tirera son nom par sa capacité à former la fusion de plusieurs cellules, lors de sa mise en culture, appelé « syncitium »

  • Allaitement maternel

    Allaitement maternel

    Allaitement maternel

    Vous venez d’accoucher, votre bébé est contre vous, et la question de l’alimentation se pose immédiatement. Allaiter ou ne pas allaiter — c’est une décision personnelle, intime, qui vous appartient entièrement. Nous ne sommes pas là pour exercer une quelconque pression dans un sens ou dans l’autre. Ce que nous souhaitons, c’est vous donner une information claire, fondée sur les données scientifiques actuelles, pour que vous puissiez faire un choix éclairé et vous sentir soutenue quelle que soit votre décision. Et si vous choisissez d’allaiter, nous voulons que vous ayez les clés pour que cela se passe le mieux possible.

    Qu’est-ce que c’est ?

    L’allaitement maternel est le mode d’alimentation naturel du nouveau-né et du nourrisson. L’Organisation mondiale de la santé recommande un allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de vie, puis la poursuite de l’allaitement en complément de la diversification alimentaire. En France, la Société française de pédiatrie recommande un allaitement exclusif d’au moins 4 mois révolus, idéalement 6 mois.

    Le lait maternel est un aliment vivant, d’une complexité remarquable. Il contient non seulement tous les nutriments nécessaires au nourrisson en proportions idéales, mais aussi des anticorps (immunoglobulines A sécrétoires), des cellules immunitaires, des enzymes, des facteurs de croissance, des prébiotiques (oligosaccharides du lait maternel) et des probiotiques. Sa composition n’est pas figée : elle évolue au cours de la tétée (le lait de début est plus aqueux, le lait de fin plus riche en graisses), au cours de la journée, et au fil des mois pour s’adapter aux besoins changeants de votre bébé.

    Les bénéfices de l’allaitement maternel sont bien documentés. Pour le nourrisson, il entraîne un attachement sécure avec sa mère et peut réduire le risque d’infections gastro-intestinales. Pour la mère, l’allaitement favorise l’involution utérine après l’accouchement, contribue à la perte de poids post-partum. Cela dit, un bébé nourri au biberon avec un lait infantile adapté grandit tout aussi bien — les laits infantiles modernes couvrent parfaitement les besoins nutritionnels du nourrisson.

    Comment se passe la mise en route ?

    Les premiers jours sont déterminants. La mise au sein précoce, idéalement dans l’heure qui suit la naissance, favorise l’installation de la lactation et le lien mère-enfant. Pendant les 2 à 3 premiers jours, vos seins produisent le colostrum — un lait épais, jaunâtre, en petite quantité mais extrêmement concentré en anticorps et en nutriments. Ne vous inquiétez pas de la faible quantité : l’estomac de votre nouveau-né est minuscule (de la taille d’une cerise au premier jour) et le colostrum suffit amplement.

    La montée de lait survient en général entre le 2e et le 5e jour après l’accouchement. Vos seins deviennent tendus, lourds, parfois douloureux. C’est un passage obligé qui se régule en quelques jours grâce aux tétées fréquentes. Le principe fondamental de la lactation est celui de l’offre et de la demande : plus votre bébé tète, plus vous produisez de lait. C’est pourquoi il est recommandé d’allaiter à la demande, en suivant les signes de faim de votre bébé (agitation, par exemple).

    Un nouveau-né tète en moyenne 8 à 12 fois par 24 heures les premières semaines. Ces tétées fréquentes, y compris la nuit, sont normales et nécessaires à l’établissement d’une bonne production de lait. La durée d’une tétée est variable et se termine lorsque le bébé lâche le sein spontanément, rassasié.

    Quand consulter ?

    L’allaitement est un processus naturel, mais ce n’est pas toujours un processus facile. Nous vous encourageons à consulter votre pédiatre, votre sage-femme ou une consultante en lactation dans les situations suivantes :

    • Les tétées sont douloureuses au-delà des premiers jours — des crevasses, des douleurs persistantes ou des saignements au mamelon témoignent le plus souvent d’une mauvaise prise du sein qu’il est possible de corriger.
    • Votre bébé ne reprend pas son poids de naissance dans les 14 premiers jours, ou sa courbe de poids stagne — il faut évaluer l’efficacité des tétées et s’assurer que le transfert de lait est suffisant.
    • Votre bébé mouille moins de 5 à 6 couches par jour après le 5e jour de vie, ou ses selles sont rares et peu abondantes — ce sont des indicateurs de l’apport lactique.
    • Vous ressentez une zone dure, rouge et douloureuse dans un sein, avec ou sans fièvre — il peut s’agir d’un engorgement, d’un canal lactifère bouché ou d’une mastite qui nécessite une prise en charge rapide.
    • Votre bébé est excessivement somnolent et difficile à éveiller pour les tétées, ou au contraire ne semble jamais rassasié et pleure en permanence malgré des mises au sein fréquentes.
    • Vous vous sentez épuisée, découragée ou dépassée — votre bien-être est essentiel, et un accompagnement adapté peut faire toute la différence entre un allaitement qui s’arrête prématurément et un allaitement qui se poursuit sereinement.

    Les difficultés courantes

    Les crevasses sont la difficulté la plus fréquente des premiers jours. Elles sont presque toujours liées à une prise du sein inadéquate : votre bébé ne prend que le mamelon au lieu de prendre une large partie de l’aréole en bouche. Un repositionnement guidé par une sage-femme ou une consultante en lactation résout généralement le problème rapidement.

    L’engorgement mammaire survient souvent lors de la montée de lait ou lorsque les tétées sont trop espacées. Les seins sont tendus, douloureux, et le bébé peut avoir du mal à prendre le sein. Des tétées fréquentes, l’application de froid entre les tétées et un léger massage sous la douche chaude avant la tétée aident à soulager.

    La sensation de manquer de lait est l’inquiétude la plus fréquemment exprimée par les mères allaitantes — et c’est aussi, très souvent, une fausse alerte. Les poussées de croissance (vers 3 semaines, 6 semaines, 3 mois) entraînent des phases où le bébé tète plus souvent et plus longuement, ce qui peut donner l’impression que la production est insuffisante. En réalité, cette demande accrue stimule la production, qui s’adapte en 24 à 48 heures. Les vrais signes d’un apport insuffisant sont objectifs : prise de poids insuffisante et couches peu mouillées — pas les pleurs ni la fréquence des tétées.

    Prévention des difficultés

    La meilleure prévention des difficultés d’allaitement est une bonne préparation et un soutien précoce. Renseignez-vous pendant la grossesse, participez si possible à une consultation d’allaitement prénatale. En maternité, n’hésitez pas à solliciter l’aide des sages-femmes à chaque mise au sein, jusqu’à ce que la position soit bien maîtrisée.

    Veillez à une position confortable pour vous et votre bébé à chaque tétée : votre dos est soutenu, votre bébé est face à vous, ventre contre ventre, sa bouche est grande ouverte et prend largement l’aréole. L’alternance des positions de tétée (madone, ballon de rugby, allongée) permet de varier les zones de pression sur le mamelon et de réduire le risque de crevasses.

    Après la sortie de maternité, un suivi rapproché par votre sage-femme, votre pédiatre ou une consultante en lactation (IBCLC) est précieux pendant les premières semaines. N’attendez pas que les difficultés s’installent pour demander de l’aide — les petits ajustements précoces évitent les grands découragements.

    Sources

    Société française de pédiatrie (SFP) ; Haute Autorité de Santé (HAS) ; Organisation mondiale de la santé (OMS) ; ESPGHAN ; Bright Futures Guidelines (AAP, 4e édition).

    Le saviez-vous ?
    Le lait maternel possède une propriété qui fascine les chercheurs : il contient plus de 200 oligosaccharides différents (sucres complexes) qui ne sont pas digestibles par le nourrisson. Alors à quoi servent-ils ? Ils nourrissent sélectivement les « bonnes » bactéries du microbiote intestinal du bébé — en quelque sorte, une partie du lait maternel n’est pas destinée au bébé lui-même, mais aux micro-organismes qui colonisent son tube digestif et contribuent à son immunité. Le lait maternel est donc un aliment qui nourrit à la fois votre enfant et son microbiote — un véritable écosystème dans un biberon (ou plutôt, dans un sein).

  • Douleurs de croissance

    Douleurs de croissance

    Douleurs de croissance

    Il est 10 heures, votre enfant se plaint d’avoir très mal aux jambes. Vous le massez, vous le câlinez, et au bout d’un moment il se rendort. Le lendemain matin, il court comme si de rien n’était. Puis la scène se reproduit quelques jours plus tard. Si ce tableau vous est familier, votre enfant souffre très probablement de douleurs de croissance. Malgré leur nom, ces douleurs ne sont pas causées par la croissance elle-même — mais elles sont bien réelles, fréquentes, et parfois suffisamment intenses pour perturber les nuits de toute la famille. Rassurez-vous : elles sont totalement bénignes et finissent toujours par disparaître.

    Qu’est-ce que c’est ?

    Les douleurs de croissance sont des douleurs musculo-squelettiques bénignes qui surviennent chez l’enfant en pleine période de croissance, typiquement entre 3 et 12 ans, avec un pic vers 4-6 ans. Elles touchent environ 10 à 20 % des enfants et sont l’une des causes les plus fréquentes de douleurs récurrentes des membres inférieurs en pédiatrie.

    Paradoxalement, le terme « douleurs de croissance » est un abus de langage. On n’a jamais pu démontrer que la croissance osseuse elle-même provoque des douleurs — les os grandissent lentement et continuellement, pas par à-coups douloureux. Les mécanismes exacts restent mal compris, mais les hypothèses actuelles évoquent une fatigue musculaire liée à l’activité physique de la journée, un seuil de douleur abaissé chez certains enfants, et possiblement des facteurs biomécaniques (hyperlaxité ligamentaire, pieds plats). Le terme persiste dans l’usage courant parce qu’il est commode et immédiatement compris de tous — nous l’utilisons aussi, tout en sachant qu’il est imprécis.

    Les douleurs de croissance sont un diagnostic d’exclusion : cela signifie que votre pédiatre posera ce diagnostic après s’être assuré qu’aucune autre cause n’explique les douleurs. C’est une étape importante, car certaines pathologies plus sérieuses peuvent se manifester par des douleurs similaires.

    Quels sont les symptômes ?

    Les douleurs de croissance ont un profil très caractéristique, et c’est ce profil qui les rend reconnaissables. Elles surviennent en fin de journée,. Elles sont bilatérales (les deux jambes, mais pas toujours simultanément) et siègent préférentiellement au niveau des cuisses, des mollets et des creux poplités (derrière les genoux). Elles ne touchent jamais les articulations elles-mêmes — c’est un point diagnostique important.

    Les douleurs sont intermittentes : elles vont et viennent, avec des nuits calmes alternant avec des épisodes douloureux. Elles disparaissent complètement le matin — au réveil, votre enfant ne boite pas, ne se plaint de rien, et participe normalement à toutes ses activités. C’est la marque de fabrique des douleurs de croissance : un contraste saisissant entre la douleur nocturne et l’absence totale de symptômes dans la journée.

    L’examen physique est strictement normal : pas de gonflement articulaire, pas de rougeur, pas de limitation des mouvements, pas de boiterie, pas de douleur à la palpation osseuse.

    Quand consulter ?

    Les douleurs de croissance sont un diagnostic que votre pédiatre posera lors d’une consultation. Nous vous recommandons de consulter, et surtout d’être attentif aux signes qui ne correspondent pas aux douleurs de croissance :

    • Les douleurs sont unilatérales (toujours la même jambe) — les douleurs de croissance alternent entre les deux côtés.
    • Les douleurs persistent plus d’une semaine.
    • Les douleurs siègent dans une articulation (genou, hanche, cheville) avec gonflement, rougeur ou limitation des mouvements.
    • Les douleurs s’accompagnent de fièvre, de fatigue inhabituelle, de perte de poids, de pâleur.
    • Les douleurs sont localisées en un point précis de l’os, avec une douleur exquise à la pression — une lésion osseuse doit être recherchée.
    • Les douleurs s’aggravent progressivement au fil des semaines.

    Comment est-ce traité ?

    Le traitement des douleurs de croissance est simple et repose sur des mesures de confort. Le geste le plus efficace — et le plus apprécié de l’enfant — est le massage : masser doucement les zones douloureuses pendant quelques minutes procure un soulagement rapide et a l’avantage de rassurer l’enfant par le contact physique. L’application de chaleur (bouillotte, coussin chauffant à basse température) sur les muscles douloureux est également efficace.

    En cas de douleur plus intense ou si les mesures locales ne suffisent pas, du Doliprane (paracétamol) peut être administré aux doses adaptées au poids. Dans la grande majorité des cas, les massages et la chaleur suffisent.

    Il est important d’expliquer à votre enfant — avec des mots adaptés à son âge — que ces douleurs sont bénignes, qu’elles ne signifient pas que quelque chose de grave se passe dans ses jambes, et qu’elles disparaîtront avec le temps. Les enfants anxieux ou ceux dont l’entourage s’inquiète beaucoup ont tendance à percevoir les douleurs de façon plus intense. Votre propre sérénité est un outil thérapeutique puissant.

    Le saviez-vous ?

    Les douleurs de croissance ont été décrites pour la première fois en 1823 par un médecin français, Marcel Duchamp (non, pas le peintre — un homonyme bien moins célèbre), qui les avait baptisées « douleurs de la croissance » dans un traité de pédiatrie. Deux siècles plus tard, nous utilisons toujours ce terme, tout en sachant qu’il est probablement incorrect. Les études modernes montrent que les enfants qui souffrent de douleurs de croissance ne grandissent ni plus vite ni plus lentement que les autres — et que les périodes de douleur ne coïncident pas avec les périodes de croissance rapide. L’hypothèse la plus convaincante aujourd’hui est que ces douleurs reflètent une forme de « surentraînement physiologique » : les enfants très actifs dans la journée (et quel enfant de 5 ans ne l’est pas ?) accumulent une fatigue musculaire qui se manifeste la nuit, quand le tonus musculaire diminue et que les signaux douloureux, jusqu’alors masqués par l’activité, deviennent perceptibles. En somme, les douleurs de croissance ne seraient pas des douleurs de croissance, mais des douleurs d’enfant qui a bien joué.

    Sources

    Société française de pédiatrie (SFP) ; Haute Autorité de Santé (HAS) ; Société française de rhumatologie pédiatrique ; Bright Futures Guidelines (AAP, 4e édition).

  • Dépression adolescent

    Dépression adolescent

    Dépression chez l’adolescent

    Il ne sort plus de sa chambre. Il a lâché le foot, ne voit plus ses amis, et ses notes ont chuté. Quand vous essayez de lui parler, il s’énerve ou vous répond qu’il va « bien, comme d’habitude ». Vous mettez ça sur le compte de l’adolescence — et peut-être avez-vous raison : l’adolescence est une période d’émotions intenses et de remises en question. Mais peut-être que votre adolescent ne traverse pas une simple « crise d’ado » — peut-être qu’il est déprimé. La frontière est parfois ténue, et c’est précisément ce qui rend le diagnostic si difficile. Nous allons vous aider à distinguer le normal du pathologique.

    Qu’est-ce que c’est ?

    La dépression de l’adolescent est un trouble de l’humeur caractérisé par une tristesse persistante ou une perte d’intérêt généralisée, durant au moins deux semaines, et s’accompagnant de modifications du sommeil, de l’appétit, de l’énergie, de la concentration et de l’estime de soi. Ce n’est pas un simple « coup de blues » — c’est une maladie qui altère profondément le fonctionnement de l’adolescent dans toutes les sphères de sa vie.

    La dépression touche environ 5 à 8 % des adolescents, avec une nette augmentation de la prévalence à partir de la puberté. Les filles sont deux fois plus touchées que les garçons à partir de 13-14 ans. On estime que la moitié des dépressions de l’adolescent ne sont pas diagnostiquées — soit parce que les symptômes sont mis sur le compte de l’adolescence, soit parce que la dépression de l’adolescent ne ressemble pas toujours à celle de l’adulte.

    Les facteurs de risque incluent les antécédents familiaux de dépression (la composante génétique est forte), les événements de vie stressants (deuil, séparation parentale, harcèlement, échec scolaire), les troubles anxieux préexistants (l’anxiété est le principal facteur de risque de dépression chez l’adolescent), et les facteurs environnementaux (isolement social, pression scolaire, usage excessif des réseaux sociaux).

    Quels sont les symptômes ?

    La dépression de l’adolescent se manifeste différemment de celle de l’adulte, ce qui explique qu’elle passe souvent inaperçue. Chez l’adulte, la tristesse est au premier plan. Chez l’adolescent, c’est souvent l’irritabilité qui domine : votre adolescent est constamment « à cran », explose pour des broutilles, est en conflit permanent avec vous et avec les autres. Cette irritabilité masque une souffrance profonde.

    Les autres symptômes à repérer sont : une perte d’intérêt pour les activités qu’il aimait (sport, musique, jeux vidéo, amis), un repli social (il s’isole dans sa chambre, ne répond plus aux messages de ses amis), des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie — dormir 12 à 14 heures par jour), des modifications de l’appétit (perte d’appétit ou au contraire grignotage compulsif), une fatigue intense (« je suis crevé » en permanence), des difficultés de concentration et une chute des résultats scolaires, une perte d’estime de soi (« je suis nul », « personne ne m’aime »), et des idées morbides (pensées sur la mort, le suicide, l’automutilation).

    Chez certains adolescents, la dépression se manifeste par des conduites à risque : consommation d’alcool ou de cannabis, mise en danger, scarifications. Ces comportements ne sont pas des « provocations » — ce sont des tentatives maladroites de gérer une souffrance que l’adolescent ne sait pas exprimer autrement.

    Quand consulter ?

    • Le changement de comportement dure depuis plus de deux semaines et retentit sur le quotidien de votre adolescent (école, relations, activités).
    • Votre adolescent s’isole progressivement et perd le contact avec ses amis.
    • Ses résultats scolaires chutent sans explication évidente.
    • Il présente des signes d’automutilation (scarifications sur les bras ou les cuisses, souvent dissimulées sous des manches longues).
    • Il exprime des idées de mort ou de suicide — même de façon apparemment détachée ou humoristique.
    • Vous avez un « mauvais pressentiment » — l’intuition parentale est un outil diagnostique sous-estimé. Si quelque chose vous dit que votre adolescent ne va pas bien, faites-lui confiance.

    Comment est-ce traité ?

    La prise en charge de la dépression de l’adolescent repose sur deux piliers : la psychothérapie et, dans les formes modérées à sévères, un traitement médicamenteux. La psychothérapie est toujours la première étape — les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) et la thérapie interpersonnelle ont démontré leur efficacité chez l’adolescent déprimé.

    L’alliance thérapeutique avec l’adolescent est fondamentale. Le thérapeute offre un espace d’écoute confidentiel où l’adolescent peut exprimer sa souffrance sans crainte du jugement — quelque chose que même les meilleurs parents ne peuvent pas toujours offrir, et ce n’est pas un échec de votre part.

    Dans les dépressions modérées à sévères, un traitement médicamenteux peut être discuté avec un pédopsychiatre. Le soutien familial est un élément essentiel de la prise en charge — vous ne pouvez pas « guérir » la dépression de votre adolescent à vous seul, mais votre présence, votre écoute et votre patience sont des facteurs de guérison puissants.

    Le saviez-vous ?

    La dépression de l’adolescent est l’un des troubles psychiatriques les mieux traités quand elle est diagnostiquée — et pourtant, le délai moyen entre l’apparition des premiers symptômes et le début du traitement est de un à deux ans. Deux ans pendant lesquels l’adolescent souffre, s’isole, voit ses résultats et ses relations se dégrader. Ce retard diagnostique s’explique par la difficulté à distinguer la dépression du « mal-être adolescent normal », par la réticence des adolescents à consulter, et par la stigmatisation persistante des troubles psychiques. Pourtant, avec un traitement adapté, 60 à 80 % des adolescents déprimés connaissent une rémission complète. La dépression de votre adolescent n’est pas une condamnation — c’est une maladie qui se soigne, à condition d’être reconnue et prise en charge. Et la première étape, la plus importante, c’est d’oser en parler.

    Sources

    Haute Autorité de Santé (HAS) ; Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (SFPEADA) ; Société française de pédiatrie (SFP) ; Bright Futures Guidelines (AAP, 4e édition).

    Cette fiche apporte une information médicale générale et ne saurait se substituer à une consultation avec votre pédiatre. Si vous ou votre adolescent traversez une période difficile, n’hésitez pas à appeler le 3114 (numéro national de prévention du suicide, 24h/24).

  • Otite moyenne aiguë

    Otite moyenne aiguë

    Otite moyenne aiguë

    L’otite est l’infection de l’oreille moyenne (cavité en arrière du tympan). C’est l’infection bactérienne la plus fréquente chez l’enfant après 6 mois. Elle peut être responsable d’une douleur intense mais est généralement bénigne si traitée.

    Qu’est-ce que c’est ?

    L’otite moyenne aiguë survient après un rhume qui obstrue la trompe d’Eustache. Des bactéries s’y infiltrent (dont les plus courantes sont Streptococcus pneumoniae et Haemophilus influenzae) puis du pus se forme et met en tension le tympan.7 L’otite touche surtout les enfants entre 6 mois et 3 ans.

    Quels sont les symptômes ?

    Vous observerez une douleur intense à l’oreille (l’enfant se tire l’oreille, pleure), une fièvre (parfois supérieure à 39°C), une otorrhée (pus ou liquide qui coule de l’oreille si le tympan est percé, observé dans 1 cas sur 10) et, parfois, des réveils nocturnes ou des vomissements clairs.

    Quand consulter ?

    Consultez rapidement si : otorrhée ; signes de complication (raideur nuque, torticolis, oreille rouge, somnolence, convulsions).

    Sinon, consultez dans les 72 heures.

    Comment est-ce traité ?

    Nous vous conseillons, dès la suspicion d’une otite, d’administrer du paracétamol.

    Un prélèvement auditif pourra être effectué en cas d’otorrhée.

    Votre pédiatre prescrira les antibiotiques adaptés selon l’aspect de l’otite et les traitements déjà conduits.

    Prévention

    Plusieurs vaccins permettent de prévenir de certaines otites (ceux dirigés contre le pneumocoque et contre H. influenzae).

    Le saviez-vous ?
    Les vaccinations contre l’Haemophilus influenzae type b et contre certains pneumocoques ont permis de réduire les otites purulentes liées à ces germes. La vaccination reste notre meilleur outil de prévention.