Auteur/autrice : Majistor MAGLORIUS

  • Grippe

    Grippe

    Grippe

    La grippe est une infection virale contagieuse et, potentiellement, grave chez l’enfant à risque. Sa prévention repose sur la vaccination annuelle.

    Qu’est-ce que c’est ?

    Les virus de la grippe A et B sont responsables de ces épidémies annuelles, en hiver (en réalité, pouvant s’étendre d’octobre à mai de l’année suivante). Ces virus se propagent d’individu à individu par gouttelettes. En effet, chaque toux peut s’accompagner de milliers de gouttelettes dont la plus fine peut contenir une centaine de virus de la grippe. 1 à 4 jours après avoir été exposé à un individu malade, on peut soi-même le devenir.

    Quels sont les symptômes ?

    La grippe débute brutalement avec une fièvre haute (39-40°C), des douleurs musculaires, des céphalées, un malaise, et une fatigue. Vous remarquerez une toux sèche, parfois un mal de gorge. L’enfant est épuisé et reste apathique. La grippe peut durer 7 jours avec une accalmie vers le 5ème jour.

    Comment est-ce traité ?

    Dans le cadre d’une grippe, le corps se débarrasse du virus. On peut améliorer le confort de son enfant en lui administrant du paracétamol et en veillant à une bonne alimentation et hydratation.

    En cas de persistance de la fièvre au-delà de 7 jours ou de tout signe d’inquiétude, on consultera en urgence.

    Prévention

    La vaccination annuelle est disponible dès l’âge de 6 mois et est proposée (et prise en charge), en France, pour tous les enfants à partir de 2 ans.

    Le saviez-vous ?
    Le génome du virus de la grippe est segmenté en 8 fragments d’ARN distincts, ce qui lui donne une capacité assez redoutable : quand deux souches différentes infectent la même cellule, leurs segments peuvent se mélanger comme un jeu de cartes qu’on rebat. C’est ce qu’on appelle le « réassortiment antigénique », et c’est exactement comme ça que naissent les souches pandémiques — la grippe espagnole de 1918, la grippe asiatique de 1957, ou le H1N1 de 2009 sont toutes nées de ce genre de mélange, souvent dans des porcs qui servent de « creuset » entre virus aviaires et humains.

  • Gastro-entérite aiguë

    Gastro-entérite aiguë

    Gastro-entérite aiguë

    Maladie très courante, la gastro-entérite est causée par un virus (souvent rotavirus, norovirus, adénovirus). Elle s’accompagne de diarrhée, vomissements. Son risque principal : la déshydratation.

    Son traitement repose essentiellement sur le maintien d’une bonne hydratation.

    Qu’est-ce que c’est ?

    C’est une infection virale du tube digestif entraînant une perte de liquides et d’électrolytes (par la diarrhée mais aussi par les vomissements). Le rotavirus compte pour 50 % des cas de gastro-entérite. D’autres virus sont aussi responsables de ces tableaux digestifs. Extrêmement contagieux, les épidémies de gastro-entérites se concentrent entre l’automne et l’hiver. Sa transmission se fait par les mains. Ainsi, après avoir été en contact avec un sujet infecté, on peut soi-même développer les symptômes en 1 à 4 jours.

    Quels sont les symptômes ?

    Vous observerez une diarrhée (selles liquides), des vomissements, des crampes abdominales, une fièvre modérée (généralement moins de 38,5°C), et une fatigue. La diarrhée peut être « explosive » et fréquente (parfois plus de 10 selles par jour).

    Cet état peut s’accompagner d’un refus alimentaire.

    Quand consulter ?

    Il est préférable de consulter rapidement son médecin habituel pour évaluer l’état de l’hydratation de votre enfant.

    En cas de selles sanglantes, de pâleur, de fièvre élevée, la consultation devient urgente (se rendre aux urgences pédiatriques).

    De plus, en cas de diarrhée persistant plus de 5 jours, il faudra consulter votre pédiatre habituel.

    Comment est-ce traité ?

    Le traitement principal est l’hydratation : une solution de réhydratation orale (SRO) en petites quantités fréquentes. Nous ne recommandons pas l’eau pure, chez un enfant qui ne s’alimente plus. Maintenez une alimentation autant que possible.

    Il s’agit le plus souvent d’infection virale : les antibiotiques ne font pas partie du traitement de ces affections.

    L’hospitalisation est nécessaire en cas de déshydratation grave.

    Prévention

    Une hygiène des mains stricte (solution hydroalcoolique) avec tout passage aux toilettes ou lors du changement de couche est essentielle.

    La vaccination contre le rotavirus est possible avant 6 mois et permet de réduire la durée et la sévérité des gastro-entérite à rotavirus (mais pas d’autres virus, toutefois).

    Le saviez-vous ?
    Avant la solution de réhydratation orale (SRO) (années 1970), la gastro-entérite causait des milliers de morts chez l’enfant par déshydratation. L’OMS a reconnu la SRO comme l’une des plus grandes avancées en santé publique du 20ème siècle. C’est simple, peu coûteux et sauve des vies.

    Saviez-vous aussi ?

    On ajoute du glucose, non pour assurer un apport calorique, mais pour améliorer l’absorption digestive du sodium. Plus de sodium dans le corps entraîne alors plus d’eau retenue et donc une plus faible perte de poids.

  • Otite moyenne aiguë

    Otite moyenne aiguë

    Otite moyenne aiguë

    L’otite est l’infection de l’oreille moyenne (cavité en arrière du tympan). C’est l’infection bactérienne la plus fréquente chez l’enfant après 6 mois. Elle peut être responsable d’une douleur intense mais est généralement bénigne si traitée.

    Qu’est-ce que c’est ?

    L’otite moyenne aiguë survient après un rhume qui obstrue la trompe d’Eustache. Des bactéries s’y infiltrent (dont les plus courantes sont Streptococcus pneumoniae et Haemophilus influenzae) puis du pus se forme et met en tension le tympan.7 L’otite touche surtout les enfants entre 6 mois et 3 ans.

    Quels sont les symptômes ?

    Vous observerez une douleur intense à l’oreille (l’enfant se tire l’oreille, pleure), une fièvre (parfois supérieure à 39°C), une otorrhée (pus ou liquide qui coule de l’oreille si le tympan est percé, observé dans 1 cas sur 10) et, parfois, des réveils nocturnes ou des vomissements clairs.

    Quand consulter ?

    Consultez rapidement si : otorrhée ; signes de complication (raideur nuque, torticolis, oreille rouge, somnolence, convulsions).

    Sinon, consultez dans les 72 heures.

    Comment est-ce traité ?

    Nous vous conseillons, dès la suspicion d’une otite, d’administrer du paracétamol.

    Un prélèvement auditif pourra être effectué en cas d’otorrhée.

    Votre pédiatre prescrira les antibiotiques adaptés selon l’aspect de l’otite et les traitements déjà conduits.

    Prévention

    Plusieurs vaccins permettent de prévenir de certaines otites (ceux dirigés contre le pneumocoque et contre H. influenzae).

    Le saviez-vous ?
    Les vaccinations contre l’Haemophilus influenzae type b et contre certains pneumocoques ont permis de réduire les otites purulentes liées à ces germes. La vaccination reste notre meilleur outil de prévention.

  • Bronchiolite

    Bronchiolite

    Bronchiolite

    La bronchiolite est une infection virale des petites voies respiratoires du nourrisson, causée par plusieurs virus dont le virus respiratoire syncytial (VRS). Elle touche environ 1 nourrisson sur 3 et peut s’observer toute au long de l’année.

    Qu’est-ce que c’est ?

    Cette infection virale entraîne une diminution du calibre des bronchioles (de petites tubes respiratoires). Le flux d’air étant plus difficile, cette infection peut entraîner une gêne respiratoire.

    Plusieurs virus, circulants à différents moments de l’année, en sont responsables : il y a le VRS, mais aussi le rhinovirus, le métapneumovirus, les virus parainfluenza, etc.

    Quels sont les symptômes ?

    Pour plus de simplicité, il peut être intéressant de se dire qu’une bronchiolite est une crise d’asthme induite par une infection virale. Les symptômes vont crescendo : de la toux, à la toux en quinte, au sifflement audible à l’oreille, puis à la gêne respiratoire.

    Quand consulter ?

    Consultez immédiatement si :

    • votre nourrisson a moins de 3 mois ou que vous êtes inquiets
    • s’il est gêné pour respirer :
      • respiration très rapide ;
      • tirage intercostal ou sus-sternal (creux à l’inspiration) ;
      • gêne respiratoire intense ;
      • difficulté à boire ou manger ;
      • lèvres bleues (cyanose)
      • apnée (arrêt du souffle).

    Consultez rapidement si, malgré une première consultation pédiatrique rassurante, les symptômes s’aggravent.

    Comment est-ce traité ?

    Pas de traitement spécifique car il n’existe pas de médicament qui guérit le VRS.

    En fonction de la situation clinique, de son âge, de son état, plusieurs dispositifs peuvent être utilisés pour améliorer la gêne respiratoire.

    Parfois, une hospitalisation peut être nécessaire.

    Prévention

    Nous recommandons une hygiène des mains stricte, surtout en hiver.

    Évitez l’exposition au tabac.

    Depuis 2024, le nirsevimab (Beyfortus®) est proposé à tous les nourrissons pour prévenir les formes graves. Alternative : vaccination maternelle par l’Abrysvo® entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée. Ces deux stratégies réduisent de 80% les hospitalisations.

    Le saviez-vous ?
    Le VRS a été découvert en 1955. Initialement décrit comme l’agent pathogène d’une maladie respiratoire appelée coryza, chez le chimpanzé, ce virus sera également retrouvé chez deux enfants hospitalisés pour infection respiratoire. Son nom définitif, Virus Respiratoire Syncitial, tirera son nom par sa capacité à former la fusion de plusieurs cellules, lors de sa mise en culture, appelé « syncitium »